Lieber en Islande

Lieber en Islande

 

 

Voyager en Islande, c’est aller à la limite du cercle polaire, c’est marcher dans les entrailles de la terre, c’est jouer des mélodies de nature et de solitude. Les notes se craquèlent, se soulèvent, fument et bouleversent

 

De mon voyage, je me souviens avoir roulé sans discontinuer, les yeux rivés vers le ciel, indissociable des plaines naturelles. La tempête faisait trembler la voiture et ce n’est que dans un brouillard infini que je distinguai une ferme isolée au milieu des champs. Le beau bâtiment était construit comme pour résister aux vents et marées… sa propriétaire aussi : c’était une paysanne marquée par l’âge et la dureté de la vie, qui m’offrit l’hospitalité et ce récit :  

“Je me souviens comme si c’était hier du jour ou des hommes ont voulu construire cette route. Il y avait un rocher en bordure de mon pré, et ils ont décidé de le déterrer. Aucun de leurs engins n’y parvint. C’était comme une damnation. Mon mari m’a toujours dit que c’était le peuple des Huldufólk qui vivait là et protégeait notre foyer et notre propriété. Pour les remercier, il avait construit une petite cabane aux gnomes. Il les a défendus jusqu’à sa mort, et ce jour-là, ce sont eux qui l’ont mis à l’abri sous leur rocher. Tous les jours, il est encore présent grâce à la chanson qu’il avait écrite pour moi : 

Well I found a woman, stronger than anyone I know 

She shares my dreams, I hope that someday I’ll share her home”… 

 

Heureuse d’avoir partagé ce moment de paix et de confessions avec elle, je me dirigeai auprès de la pierre magique. Le vent qui soufflait était brisé par sa forme et sa grandeur : c’était surnaturel ! Je pris Lieber, le fis virevolter dans mes bras et me mis à jouer la mélodie si spéciale d’Ed Sheeran, que je rêve de voir en concert l’année prochaine.

 

Une lumière blanche m’éclaira, tel un projecteur de scène. Je savais que c’était un des gnomes du peuple caché. Je saluai la bonté des Islandais ; il m’offrit un cube de colophane féerique

 

Quelques informations sur l’Islande

Peuple des Huldufólk

Légende

Un jour, Dieu vint à la rencontre d’Adam et Eve. Ils L’accueillirent avec respect dans leur foyer et Lui montrèrent tout ce qu’ils possédaient. Ils Lui présentèrent également leur progéniture. Dieu demanda à Eve si elle désirait d’autres enfants. Elle répondit par la négative. En réalité, elle n’avait pas eu le temps de donner le bain à ses autres enfants, et préféra les cacher à cause de leur saleté. Dieu s’en aperçut et dit : « Ce qui doit être caché de Moi sera caché aux hommes. » En représailles, ces enfants devinrent invisibles puis partirent se réfugier dans les collines et les rochers.

L’origine des elfes (Huldumanna Genesis), Jón Árnason

 

Ce ‘peuple caché’ occupe une place importante dans la vie des Islandais. En effet, plus de la moitié de la population vit avec l’imaginaire de ces êtres invisibles.

Selon leurs croyances, ces elfes, trolls, ou gnomes, préservent la nature et veillent sur les êtres humains, en protégeant leurs habitations et en portant secours aux mourants. 

En retour, les habitants se montrent attentionnés envers ces créatures magiques. Il existe par exemple une tradition, celle d’avoir une pierre dans son jardin, pour qu’elle puisse servir de logis à l’elfe. Álfhól, un petit village de maisons de bois, a également été créé par l’humain pour les elfes. Il y a même une église à l’intérieur pour les convertir à la religion. À Noël, la plus célébrée des fêtes chrétiennes, les islandais leur font aussi des offrandes.

 

 

 

 

Si de nombreuses routes islandaises prennent des détours étranges, ou passent subitement de deux à une voie, c’est justement pour protéger les habitations des Huldufólk… car ces êtres malicieux avertissent les constructeurs qui veulent bâtir sur leurs logements de pierre en pénétrant dans leurs rêves, ou en maudissant les ouvriers travaillant sur le chantier.

Par exemple, un tas de pierre bloquait le champ où l’autoroute voulait être construite. Une compagnie vint détruire les rochers, mais tout alla mal. Les engins se cassèrent, les travailleurs se blessèrent… c’est là que le chef du chantier réalisa qu’il fallait passer à côté du domaine sacré de ces êtres puissants.

Les vestiges des trolls s’expliquent aussi dans le fantasque maritime. Selon la légende, les trolls de Vik se firent prendre par la lumière alors qu’ils essayaient de causer le naufrage d’un navire sur le rivage, et ils se transformèrent en pierre. Vous verrez ces colosses de roche depuis la plage de Reynisfjara, dont le sable noir donne une impression de frémissement et d’extase.

 

Pour Midsummer’s night (date proche du solstice d’été), on dit que si tu t’assois à un croisement, les créatures viendront jusqu’à toi pour te tendre des offrandes. Mais attention, tu ne dois pas les accepter, ou tu seras malchanceux toute ta vie !

Si tu voyages en Islande, ou que tu es simplement intéressé par les mythes du pays, tu peux te procurer le livre de Jón R. Hjálmarsson, The Traveller’s Guide to Icelandic Folktales.

Erla Stefánsdóttir

Pianiste et voyante, cette islandaise est également renommée pour ses connaissances sur le peuple Huldufólk. Elle était capable de communiquer avec les êtres, et aidait les chefs de chantiers à réaliser leurs projets tout en restant respectueux des créatures naturelles. Elle a réalisé beaucoup de cartes, dessins et livres afin d’expliquer le phénomène de ce peuple.

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